La prochaine décision de la Fed : pourquoi les marchés anticipent une baisse en septembre
Les marchés convergent vers une baisse des taux, mais le chemin après septembre reste contesté. Nous analysons les données qui guident cette décision.
Pour la première fois depuis le début du cycle de resserrement, les marchés et la Fed sont enfin alignés : une baisse des taux se profile. Les contrats à terme évaluent à environ 80 % la probabilité d'une réduction de 25 points de base en septembre, avec une possibilité moindre de 50 points. Le consensus s'est durci autour de « une baisse, puis on observe ».
Les données derrière le virage accommodant
Trois piliers justifient un assouplissement. D'abord, l'inflation PCE sous-jacente, l'indicateur préféré de la Fed, est passée d'un pic supérieur à 5 % à proximité de la cible de 2 %. Ensuite, le marché du travail s'est refroidi : les offres d'emploi se sont normalisées et la croissance des salaires a ralenti. Enfin, les taux réels ont augmenté alors que l'inflation baissait, rendant la politique monétaire plus restrictive qu'il n'y paraît.
Autrement dit, ne rien faire n'est plus neutre. Maintenir les taux stables alors que l'inflation recule équivaut, en termes réels, à un resserrement. Plusieurs responsables reconnaissent désormais que le risque de garder des taux trop élevés trop longtemps est à peu près symétrique à celui de baisser trop tôt.
Le chemin après septembre
La question la plus difficile est le rythme du cycle de baisse. Les faucons estiment que l'inflation des services reste collante et qu'un assouplissement prématuré pourrait raviver les pressions sur les prix. Les colombes rétorquent que les effets différés de deux ans de resserrement ne se sont pas pleinement matérialisés et que la Fed risque de provoquer un ralentissement inutilement douloureux.
Notre scénario de base est un chemin graduel : une baisse en septembre, une pause en octobre, et une dernière en décembre. Mais le risque dominant est asymétrique : si le marché du travail se détériore plus vite que prévu, la Fed pourrait agir bien plus agressivement que ce que les prix suggèrent.
Implications pour les investisseurs
Pour la dette, la direction soutient la duration. Pour les actions, un atterrissage en douceur reste le scénario central, mais les valorisations intègrent déjà un optimisme certain. La plus grande opportunité pourrait se trouver sur la courbe des taux : si la Fed baisse ses taux sans récession, la courbe se pentifiera nettement. Le risque majeur est l'inverse : un assouplissement face à une récession qu'elle ne pourra pas compenser.